Transition : 

Par conséquent, à travers cette réflexion sur la civilisation, on est parvenu à comprendre que le but de la culture c’était d’humaniser l’homme. Qu’est-ce qui fait alors, nous demande Arendt, que notre culture moderne déshumanise les hommes ? Pour comprendre ce processus de déshumanisation, Arendt va mettre l’accent sur les éléments les plus fondamentaux de notre civilisation : 

• La chose la plus immédiatement visible qui nous définit c’est le progrès technique : on est dans une société qui voue un véritable culte au progrès. Auparavant le rythme de la vie était scandé par les fêtes religieuses, aujourd’hui ce qui va scander la vie des hommes c’est la sortie du nouvel iPhone, le lancement de la dernière fusée, etc. En clair, la technique a envahi nos vies, elle est omniprésente. Avant c’était la croyance en dieu qui donnait sens à l’existence, aujourd’hui ce qui lui donne sens c’est la consommation et la multiplication des découvertes technologiques. Par exemple, à sa mort, Steve Jobs, l’inventeur d’Apple, a été aussi, voire plus célébré, que le Christ comme une sorte de messie des temps modernes. 

• La deuxième chose qui caractérise notre culture est un rapport particulier au travail qui définit non seulement l’activité de chaque individu mais aussi et surtout sa place dans la société et le but de son existence. 

• La troisième caractéristique, enfin, de notre société c’est qu’on vit dans des démocraties, des Etats de droit, or justement Arendt va réfléchir sur la faillite de ce modèle libéral. 

 

 

II - Technique et responsabilité

 

 

 

1) La dimension prométhéenne de la technique

 

 

On a vu que la technique était devenue comme une nouvelle religion pour nous et la vérité c’est qu’en fait la technique a fait de l’homme un Dieu sur la terre et c’est précisément ce que l’on signifie quand on parle de « dimension prométhéenne » de la technique. Dans le mythe de Prométhée, extrait du Protagoras,  Platon nous donne à penser ce pouvoir que la technique donne à l’homme.

a)      Le mythe

Tout commence à l’origine même du monde, lorsque les dieux préparent la venue des différentes espèces animales sur la terre : les dieux procédent de la manière la plus rationnelle possible. D’un côté, ils vont placer les différents animaux complètement dépourvus de tout et de l’autre toutes les qualités et toutes les propriétés à leur distribuer. Mais, comme la tâche est fastidieuse, ils la confient à Prométhée.

Sur ce, le frère de Prométhée, Epiméthée insiste pour faire ce travail. Epiméthée, c’est le symbole de la nature et il va obéir à un principe d’équilibre dans la répartition des différents attributs aux animaux pour faire en sorte que chaque animal puisse s’adapter à son environnement, survivre sans menacer la survie des autres espèces animales.

Par exemple, s’il attribue la vitesse à l’un, il ne va pas lui donner l’endurance, en revanche s’il donne la force à l’autre, il ne va pas lui donner la rapidité. Epiméthée a fini de distribuer toutes les qualités entre les différentes espèces animales et le jour où on doit placer les animaux sur terre est imminent ? C’est à ce moment que Prométhée vient vérifier ce qu’a fait son frère et il se rend compte qu’Epiméthée, la nature, a oublié l’homme.

Naturellement, l’homme c’est l’animal nu, celui qui n’a rien, aucune caractéristique qui lui soit propre. C’est  un être démuni condamné à disparaître. Prométhée va prendre en pitié l’espèce humaine et il va voler le feu des dieux pour le donner aux hommes. Le feu représente deux  choses symboliques : 

• Le feu d’Héphaistos (dieu des forgerons)  = le feu qui permet de fabriquer les outils et à partir de là on comprend que la technique c’est ce qui permet à l’homme de compenser son impuissance naturelle, la technique c’est ce qui potentialise infiniment l’homme. Grâce aux outils, l’homme devient supérieur à tout ce qui est naturel. 

• Le feu d’Athéna (déesse de la guerre = stratégie)  = le feu de l’intelligence, la capacité à planifier et à organiser, à penser les choses et à les anticiper. 

b)      Le sens du mythe

Ces deux éléments sont constitutifs de la technique, grâce à la technique l’homme va se maintenir en vie. Pour l'homme c'est même le seul moyen de transformer la nature pour s’y adapter et survivre. La technique permet, ainsi, à l’homme de compenser ses déficiences naturelles, ce qui revient à dire que. Autrement dit, par les instruments qu’il fabrique, l’homme doit réussir ce que l'animal réussit spontanément grâce à ses instincts.

 En un mot, la technique est un pouvoir humain, car elle est le propre de l’homme et surtout dans le sens où c’est ce qui permet à l’homme de vivre, c’est la condition même de la vie pour lui.

Mais la technique va bouleverser l'équilibre naturel : par le pouvoir technique, l'homme fait plus que survivre et il fait mieux que les animaux. Il va s'élever au-dessus et devenir un danger pour la survie des autres espèces. La technique devient ainsi un pouvoir surhumain. Par la technique l'homme devient égal aux dieux.

 

"(...) au lieu de cette philosophie spéculative, qu'on enseigne dans les écoles, on en peut trouver une pratique, par laquelle connaissant la force et les actions du feu, de l'eau, de l'air, des astres, des cieux et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages de la vie auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature"

 

        DESCARTES. Discours de la méthode. VI ème Partie .

 

On retient, que grâce à la technique, l’homme est comme maître et possesseur de la nature, il cesse d’être un animal comme les autres pour devenir comme un Dieu. Le problème c’est qu’on n’a pas donné la sagesse aux hommes, voilà pourquoi ils vont faire n’importe quoi de leurs puissances et de leurs techniques, qu’ils vont s’entretuer et tout détruire. Et donc sans limite morale, la technique devient dangereuse. Comment le démontrer ?

 

2) Le miracle de la technique 

 

On a vu que la technique améliore les conditions de vie. 

Améliorer ? = rendre meilleur = rendre « plus bien ». Et donc dans la définition de la technique, il y a deux idées : 

• Celle de progrès (- —> +). Autrement dit, la technique c’est ce qui permet à l’humanité de progresser. Au fondement de la technique, il y a l’idée optimiste que demain tout sera toujours mieux qu’aujourd’hui, que grâce à elle les hommes atteindront le bonheur. 

• Celle du bien : la technique est une bonne chose en soi au sens moral du terme.

 

Liée d’un coté au bonheur et de l’autre côté à la morale, la technique apparait comme quelque chose de positif. Dès lors, il n’y a aucun sens à vouloir limiter les progrès techniques, à vouloir leur imposer des limites morales par exemple, parce que limiter le progrès technique, ce serait limiter le progrès humain et c’est cette limitation qui serait immorale. Il y a, en effet, un lien indéfectible entre le progrès technique et l’amélioration de l’humanité. Et de même qu’on a foi en l’humanité, on va avoir foi en la technique.

Cette idée de foi est essentielle ici : la technique remplit la promesse que la religion n’avait pas su tenir = celle d’un bonheur universel et même celle du salut. En effet, le but de la technique c’est d’offrir la vie éternelle, vaincre la mort.

La médecine est, pour Descartes, la reine des techniques, et force est de constater que depuis le 17eme siècle, elle a réalisé des progrès prodigieux, pour ne pas dire miraculeux et elle a réellement amélioré la vie des hommes. En clair, contrairement à la religion qui tient des promesses vaines, la technique (la médecine) elle les réalise mais elle n’a pas encore réussi à vaincre la mort. Or c’est précisément cela le but de la technique : vaincre la mort. Elle progresse et la limite entre la vie et la mort ne cesse de reculer: 

• Pendant très longtemps, la limite entre la vie et la mort c’était la respiration. Quand on arrêtait de respirer on était considéré comme mort car l’âme était considérée comme un souffle. Or on a inventé la réanimation respiratoire. 

• Jusque dans les années 1970, la limite entre la vie et la mort était fixée par l’arrêt du cœur et donc quand on ne sentait plus le poul, on considérait que la personne était  morte. Or on a inventé la réanimation cardiaque, les greffes du cœur, les cœurs artificiels etc.

• Aujourd’hui, la limite entre la vie et la mort c’est l’activité cérébrale. A partir du moment où l’encéphalogramme est plat on considère que la personne est morte. Or là encore on a bon espoir, il y a deux techniques qui sont en train de tout changer : La recherche sur les cellules souches qui permettraient de maintenir en vie le cerveau indéfiniment et la greffe de la tête. En clair, on a espoir a moyen terme de vaincre la mort, de faire en sorte que les gens ne meurent plus. 

 

 

 

 

A partir de ces remarques, on arrive à l’idée que la technique donne à l’homme un pouvoir infini et lui permet de faire tout ce qu’il veut sans limite, de même pouvoir dépasser ses limites biologiques. En clair, grâce à la technique tous les espoirs sont permis et dans la mesure où la technique est une bonne chose pour l’homme, il faut tenter toutes les expériences, tout essayer, sans limites. Francis Bacon (père de la physique moderne),  dans la nouvelle Atlantide, écrit « notre établissement (de recherche) a pour but la découverte des causes et la connaissance de la nature en vue d’étendre les limites de l’homme sur la nature entière ». 

Grâce à la technique, l’homme maitrise la création, il est comme un dieu dans la nature. La foi dans le progrès technique s’accompagne d’un optimisme absolu or un évènement va tout changer et briser cet optimisme béat : la bombe d’Hiroshima. Pour la première fois les hommes prennent conscience des dangers de la technique.

 

 

3) L’effet boule de neige et les dangers de la technique

a) l’exemple de l’apprenti sorcier

 

Dans Fantasia, Walt Disney va prendre l’exemple de l’apprenti sorcier pour nous donner à penser les dangers de la technique : Mickey ici représente la condition humaine, qui est laborieuse, c’est-à-dire que l’homme est condamné à travailler pour survivre. Or le travail par définition est quelque chose de pénible, source de souffrance pour les hommes. Le chapeau du magicien symbolise le pouvoir technique, le pouvoir sur la nature, la toute puissance et justement l’homme va s’emparer de ce pouvoir, il n’est donc pas destiné à  avoir ce pouvoir. Il y a donc quelque chose de sacrilège dans le pouvoir technique. Grace à lui, l’homme n’a plus besoin de travailler car ce pouvoir tend à l’automatisation. La technique libère donc l’homme et lui donne du temps libre qu’il peut consacrer à ses loisirs pour mieux s’épanouir dans son existence.

 Le progrès technique fait donc rêver l’homme, il donne naissance à une utopie : celle de la toute puissance de l’homme qui va maîtriser tous les éléments de la nature pour en faire ce qu’il veut, tout lui obéit au doigt et à l’oeil. Et donc l’homme rêve et il est tellement aveuglé par ses rêves qu’il ferme les yeux sur la réalité et dans la réalité c’est une catastrophe qui est sur le point de se produire et le réveil est brutal. 

Quand on réalise l’ampleur de la catastrophe qui arrive on va chercher à agir dans l’urgence:

• Premier problème : comme on n’y a pas pensé avant, on ne sait pas comment faire pour arrêter le processus (il n’y a pas de bouton stop à la technique) . 

• Deuxième problème : même quand on pense l’avoir arrêté, on n’y parvient pas parce que la technique est animée par sa propre vie désormais. 

L’homme va donc utiliser tout son pouvoir pour arrêter la technique mais le problème c’est que le pouvoir de la technique a excédé le pouvoir de l’homme qui est complètement submergé et dépassé. Et là il y a un paradoxe : la technique c’est ce qui est censé potentialiser l’homme, lui donner un pouvoir, et le problème c’est que l’homme n’a plus de pouvoir sur ce pouvoir, il ne le maitrise plus.

La conséquence c’est qu’il va droit à la catastrophe.

 

b)      La responsabilité de l’homme face à la nature

 

Hans Jonas dans le principe responsabilité va précisément critiquer l’optimisme béat dans la technique. Notre foi dans le progrès a quelque chose d’absurde, en effet on est tellement aveuglé par cette foi qu’on ne prend pas conscience des dangers de la technique. Plus précisément, chaque nouvelle technique s’accompagne d’un lot d’effets négatifs et on est persuadé que pour contrecarrer ces effets négatifs il faut inventer une nouvelle technique qui sera elle aussi accompagnée d’effets négatifs, etc. Et c’est précisément ce cercle vicieux que Hans Jonas appelle l’effet boule de neige qui va se transformer petit à petit en avalanche. 

Jonas à partir de cela va mettre en lumière plusieurs contradictions : 

• La première contradiction c’est que la technique c’est ce qui permet à l’homme de maîtriser la nature et le problème c’est que la technique échappe de plus en plus aux hommes, elle est devenue sauvage, personne ne peut plus l’arrêter. Donc plutôt que de continuer sur cette pente qui s’accélère, il serait temps de commencer à freiner pour savoir comment s’arrêter. 

• La deuxième contradiction c’est que la science aujourd’hui explique de plus en plus de phénomènes. Expliquer c’est donner la cause des phénomènes, autrement dit, le principe de base de la science c’est que tous les phénomènes sont déterminés, que  tout a une cause et le rapport fixe entre une cause et son effet c’est ce qu’on appelle la loi. Par conséquent, la science aujourd’hui est presque parvenue a déterminer toutes les lois qui déterminent les phénomènes de la nature. Le problème nous dit Jonas c’est qu’il y a une disproportion entre  notre  connaissance des causes et l’ignorance dans laquelle on est des conséquences. A partir de là Jonas fait une double remarque : 

◦ A partir de nos connaissances des causes des phénomènes, on peut non seulement expliquer,  connaître les phénomènes mais on peut surtout agir sur eux. Autrement dit, la science moderne n’est pas seulement une connaissance théorique des choses, elle est aussi et surtout un savoir faire, un pouvoir. La science, aujourd’hui, ne se définit donc plus comme une contemplation admirative de la nature mais elle se définit par rapport à ses applications techniques, voilà pourquoi on parle de technoscience. Et donc, plus une connaissance, plus une découverte donne naissance à des applications, meilleure elle est.

L’effet pervers, c’est qu’on a une science qui n’est plus désintéressée mais qui est purement utilitaire : on ne cherche pas à connaître pour connaître, on cherche à connaître pour avoir un bénéfice. Plus précisément, la recherche de l’argent est au cœur de la science et c’est ce qui pervertit la recherche scientifique. En effet, la science est prise en otage par les lobbies financiers et industriels ou les grands laboratoires qui, dans leur quête du profit maximal, ne vont financer que ce qui est rentable ou source de revenus immédiats. Le problème c’est que les enjeux économiques sont tels que les entreprises vont faire pression sur les scientifiques pour accélérer leurs recherches ou même falsifier leurs résultats.

Par exemple : au Japon, Tepco, l’entreprise qui gère la centrale nucléaire de Fukushima finance des laboratoires de recherche sur le nucléaire et notamment celui qui a en charge le contrôle de l’usine. Et donc les contrôleurs (financés par la centrale) ont passé leur temps à minimiser les risques et à louer les qualités de leur employeur en assurant dans tous leurs rapports que la centrale faisait mieux que remplir les normes de sécurité et qu’il n’y avait aucun danger à craindre.

Or, cet optimisme, cet aveuglement, a conduit directement à la catastrophe. La thèse de Jonas c’est qu’il faut que les scientifiques redeviennent indépendants par rapport au pouvoir économique, et qu’ils aient les moyens de faire leurs recherches d’eux-mêmes comme ils le veulent. Ça nous emmène à la deuxième remarque :

 

◦ On a dit qu’on ignorait les conséquences de nos actions, de nos recherches. Par exemple aujourd’hui on peut modifier génétiquement n’importe quel être vivant mais on ignore complètement les conséquences à long terme de ces modifications. Certains chercheurs soupçonnent que ces modifications génétiques créent de nouvelles formes de cancer. Tout le problème c’est que les groupes agroalimentaires (Monsanto par exemple) sont tellement puissants politiquement et économiquement qu’ils ont réussi à imposer le principe d’équivalence (=on n’a pas à indiquer sur les produits vendus qu’ils contiennent des OGM parce qu’ils sont considérés comme absolument identiques aux produits naturels). Or, on devrait informer les consommateurs et les laisser libres de choisir et non pas leur masquer les faits. En outre, on doit chercher à connaître les conséquences de l’utilisation de ces produits et tant qu’on les ignore, on doit selon Jonas appliquer le principe de précaution. 

 

 

Conclusion :  la dimension morale et politique de la technique 

Jonas est le premier lanceur d’alerte, il tire la sonnette d’alarme. On est à deux doigts d’une catastrophe sans précédent qui va conduire pas seulement à la détérioration de la nature, mais également à une détérioration de nos conditions de vie et en fin de compte à une destruction de l’humanité. Le problème c’est que comme Mickey on rêve, on ne réalise pas ce qui est en train de se passer, on est totalement inconscient. La technique parce qu’elle aveugle les hommes, est devenue inhumaine. Plus précisément, la technique est devenue totalitaire, c’est devenu un état d’esprit qui a aliéné les hommes, qui a fait qu’ils sont devenus incapables de raisonner. Or dans la mesure où les hommes ne sont plus raisonnables, il ne sert à rien de faire appel à leur raison.

Voilà pourquoi, plutôt que de faire appel à la raison des hommes Jonas va faire appel à la peur qui va remplacer la raison car c’est ce qui va aider les hommes à prendre conscience de la réalité, ce qui va forcer les hommes à agir. Jonas va décrire l’ampleur de la catastrophe et malheureusement ce qu’il décrit n’est rien par rapport à ce qui va d’arriver. L’objectif de Jonas c’est de responsabiliser les hommes et pour bien comprendre ce que ça signifie il faut redéfinir le principe de responsabilité : traditionnellement la responsabilité est quelque chose d’individuel et porte sur quelque chose qu’on a fait ou qu’on est en rain de faire. Or la responsabilité dont nous parle Jonas, c’est une responsabilité collective qui va porter non sur le passé ou le présent mais sur l’avenir.

Ici, Jonas va ajouter aux impératifs de Kant, un nouveau devoir moral pour l’homme, c’est de préserver l’avenir de l’humanité en préservant l’environnement. Or défendre cet objectif, protéger les espèces vivantes, ce n’est rien d’autre que respecter l’humanité de l’homme, dans la mesure où c’est préserver la terre pour les générations à venir.

Cette responsabilité morale suppose cette une prise de conscience par chacun d’entre nous mais également des décisions politiques. Ce sont les Etats qui doivent prendre leur responsabilité et faire passer l’humain avant tout le reste. Or tout le problème c’est qu’on a des Etats qui sont totalement irresponsables, impuissants, aveugles à l’humain accaparés qu’ils sont par la croissance économique.